Publié le 22/04/2020 par ManoVie.
Source : Lanutrition.fr

Les personnes obèses ont plus de risque d’infection, et plus de risques de se retrouver en soins intensifs. Heureusement, l’obésité est souvent réversible par des changements de mode de vie.

Pourquoi c’est important

En attendant un vaccin ou des traitements, nous devrons compter pour nous défendre sur les mesures barrières, et sur notre propre santé immunitaire. Celle-ci peut être plus ou moins bonne, mais dans de nombreux cas, elle peut être optimisée. C’est le cas lorsqu’on est obèse ou en surpoids.

Aujourd’hui, 7 millions de Français sont obèses, c’est-à-dire qu’ils ont un indice de masse corporelle supérieur à 30. Le tour de taille est souvent un meilleur indicateur pour qualifier un excès de graisse : il devrait être inférieur à 88 cm pour une femme, et 102 cm pour un homme.
Les personnes obèses ont un double inconvénient : elles ont plus de risque d’être infectées en raison d’un système immunitaire moins performantUne fois infectées, elles ont plus de risque de développer une inflammation des poumons et d’autres organes, aux conséquences gravissimes.
« Ce virus est terrible, il peut frapper des jeunes, en particulier les jeunes gens obèses. Ceux qui sont en surpoids doivent vraiment être prudents, » a prévenu Jean-François Delfraissy, président du conseil scientifique qui fait des recommandations au gouvernement.

Un facteur de risque infectieux en période de pandémie

Ceci est dû au fait que l’obésité s’accompagne d’une inflammation chronique et souvent d’une résistance à l’insuline.

Les personnes obèses ont en effet des concentrations chroniquement plus élevées de leptine (une adipokine pro-inflammatoire) et plus faibles d’adiponectine (une adipokine anti-inflammatoire). Ce milieu hormonal défavorable entraîne un dérèglement de la réponse immunitaire. 
À l’état basal, les patients obèses présentent une concentration plus élevée de plusieurs cytokines pro-inflammatoires comme le TNF-alpha, la MCP-1 et l’IL-6, principalement produites par le tissu adipeux viscéral et sous-cutané, ce qui entraîne un défaut de l’immunité innée, qui est la première ligne de défense face à une infection virale. 

L’inflammation nuit aussi à la deuxième ligne de défense, qu’on appelle immunité adaptative et qui se déclenche plusieurs jours après l’immunité innée. Ceci explique le faible bénéfice de la vaccination chez les personnes obèses. 

La résistance à l’insuline, qui caractérise de nombreuses personnes obèses, affecte elle aussi l’immunité.

Pendant les pandémies de grippe asiatique de 1957 et de grippe de Hong Kong de 1968, les personnes obèses étaient plus souvent infectées et plus susceptibles de succomber à l’infection virale. Plus récemment, l’obésité a été liée aux taux d’hospitalisation et de mortalité lors de la pandémie de grippe H1N1 de 2009 . 

Risques de complications élevés

Par rapport aux personnes minces, les personnes obèses ont aussi plus de risques de complications et de lésions pulmonaires après une infection virale. Une augmentation de la réplication du virus de la grippe a été constatée dans des cellules épithéliales bronchiques normales provenant de sujets obèses. Cette réplication accrue s’accompagne d’un état inflammatoire exacerbé, pouvant aller jusqu’au fameux « orage de cytokines ». C’est ce qui ressort de l’analyse de 15 100 patients hospitalisés atteints de coronavirus dans 177 hôpitaux britanniques. On observe chez ces personnes un réservoir de lymphocytes T, qui déversent des quantités considérables de cytokines pro-inflammatoires dans le corps.

Selon les pays, la part des patients obèses en soins intensifs pour cause d’infection par coronavirus COVID-19 va de 50 à plus de 75%, 64% dans une étude récente britannique.

Plus contagieux

La recherche sur les infections grippales montre également que les obèses peuvent être plus contagieux, car ils continuent à éliminer un virus plus longtemps après une infection. Il semble probable que la même chose s’applique au coronavirus, car les défauts immunitaires sont les mêmes. Cela signifie que la quarantaine d’une personne obèse devrait en théorie être plus longue que celle d’une personne mince.
Les scientifiques ont également montré que l’indice de masse corporelle est lié à la quantité de dissémination virale de la grippe dans l’expiration respiratoire en particulier chez l’homme.  Tout cela suggère que les soins de santé à destination de cette population doivent être augmentés non seulement avec plus de dépistage et de traitements, mais avec un meilleur accès à la santé et une meilleure prise en charge.

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